09/01/2008

Falbalas et pacotilles....

En 2007, ma liste d'amis est devenue aussi courte qu'un pull mohair lavé à 90°c....Mais en y réfléchissant bien, l’hémorragie avait déjà commencée en 2006….

Avec mes amis, mes meilleures amis je faisais la fête régulièrement, on prenait la vie avec légèreté , tout les prétextes étaient bons pour se voir, boire un coup, se retrouver, nos we se passaient régulièrement ensemble, j’étais rarement seule….On se faisait des promesses de sang, on se jurait qu’on serait  liés à jamais quoiqu’il arrive….avant…

Mais avant quoi ??

Avant que j’aie eu réellement besoin d’eux, de leur épaule de leur écoute….lorsque j étais encore celle qui avait des fous rires mémorables, lorsque mon cœur était encore léger et insouciant….

Lorsque j’ai perdu mon premier fils, le chemin a été long, terriblement long, et petit à petit je me suis murée dans une bulle, mais au fond j’avais un seul besoin qu’on casse cette bulle, qu’on me prenne la main….

C’est normal la vie ne s’arrête pas de tourner, mais quand vous, vous crevez à l’intérieur, et que mettre simplement un pied devant l’autre vous paraît insurmontable….C’est difficile de trouver les mots face au désespoir, mais même juste leurs présences auraient suffit à me réchauffer….

Ils ont continué à faire la fête…sans moi, certains d’entres eux n’ont sans doute pas compris mes refus face à leurs invitations dans un premier temps….

Dans un second temps, je n’ai simplement plus reçu d’invitations…..

Lors de ma seconde grossesse, certains de mes meilleurs amis, n’ont jamais pris la peine de me téléphoner, de venir me rendre visite les longs mois ou j’ai du rester couchée, lors de mon séjour à la clinique….

Lorsque j’ai accouché, vu les circonstances, là encore ils ont pris du recul, certains allaient venir lorsque l’on serait rentré à la maison, d’autres avaient des cadeaux, d’autres viendraient sans fautes la semaine d’après….

Mon fils a aujourd’hui 22 mois la plupart ne l’ont même encore jamais vu…..

Je ne prétends pas être l’amie idéale, ces deux dernières années, j’ai peu donné, pas parce que je ne le voulais pas, j’en étais tout bonnement incapable, j’arrivais à peine à garder la tête hors de l’eau, on a du déployer une telle énergie pour notre fils qu’en dehors de notre bulle, j’étais vidée…, j’aurais voulu être là pour eux, partager des rires, des larmes, des souvenirs, ça m’était impossible, égoïstement, ou par instinct de survie, j’ai eu besoin de me recentrer sur moi, ma famille….pour avancer, surmonter le pire….

J’ai certainement perdu de mon insouciance, de ma légèreté, pourtant tout au fond, je suis restée la même j’aime toujours rire, m’émerveiller, j’ai gardé mes yeux d’enfant, le même humour stupide….

Je me suis forgée un mur….pour me protéger, parce qu’on a du se battre pour la vie, parce que l’on se bat encore chaque jour….mais ce mur était fait de sable, mes vrais amis, auraient pu le gravir pour me retrouver, si seulement ils avaient essayé….

Je me suis sentie terriblement seule dans ces épreuves parfois, tous ces amis avec qui j’avais partagés des moments de vies entiers ce sont envolés au moment ou j’aurais eu le plus besoin d’eux, mais aussi au moment ou j’accomplissais la plus belle chose qu’il soit…donner la vie….

Bien sûr ce n’était pas drôle, bien sûr ce n’était pas facile de trouver les mots, et c’est vrai Gabriel était mon principale sujet de conversation….oui mais c’était ça ma vie, c’est ça ma vie….

J’ai souvent pleuré en pensant à ces amis, j’ai été en colère, triste, déçue….au fond je ne leur en veux pas vraiment, je ne sais pas si je leur ai laissé énormément de portes ouvertes, si j’étais prête à accepter leurs mains tendues ?? mais j’aurais tellement aimé qu’ils essayent, juste essayer….que je sache que je n’étais pas seule, qu’ils m’attendaient, que leurs cœurs, m’étaient toujours ouverts…

Aujourd’hui il y a un grand vide….je compte 3 ou 4 amis, c’est peu…. ?

Non c’est énorme… avec ma famille, ceux que j’aime,ils ont été mes rochers dans la tempête….ils m’ont empêché de couler parfois…

Je leur ai parlé de mes peurs, de mes angoisses, de mes douleurs, des milliers et des milliers de fois, mais des milliers et des milliers de fois ils m’ont écouté, pris dans leur bras…. si pendant de très long mois j’ai été incapable de rendre tout ce qu’ils me donnaient, mes véritables amis l’ont compris,aujourd’hui je peux à nouveau écouter, donner …et aujourd’hui c’est avec eux que je ris à nouveau, c’est avec eux que je retrouve de la légèreté….

En 2008, ma liste d’amis ressemble à quelques mots griffonnés sur une feuille de brouillon….une liste aussi légère qu’une plume, mais grâce à eux je sais ou est l’essentiel, je sais qui sont mes essentiels… 

J’ai gagné en sincérité, 2008 s’annonce clément, avec j’en suis certaine quelques coins de ciel bleus, malgré les combats à venir…Merci à vous, de m’avoir portée quand je pensais ne plus pouvoir avancer…

En réalité je n’ai pas perdu des amis, non….en réalité j’en ai juste gagné….de véritables….

13:48 Écrit par Babylou dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

quand on a des enfants "sans problème", le vide se fait déjà car on change de rythme de vie
mais quand on a un enfant qui se bat, c'est pire
et c'est quand le temps se calme qu'on se rencontre du désert dans lequel on a évolué
perso, je n'ai pas recherché à les revoir
par contre, j'ai été surprise de trouver du soutien auprès de gens desquels je n'attendais rien
quoi qu'il en soit, tu as gagné un magnifique petit garçon qui t'apportera immensément de bonheur et de fierté d'avoir été si fort même si cette blessure restera à jamais présente à l'intérieur de toi ...

Écrit par : pommefraise | 09/01/2008

Luv.
<3
...

Écrit par : Elisabeth | 10/01/2008

oui tu as raison, moi ce fut 2005...mon fils est devenu diabétique de type1 insulinodépendant....mes sois disant amis ont disparu...les vrais m'ont aidé, depuis 2005 je n'ai plus que tres peu damis egalement mais comme toi j ai gagné en intensité et sincérité...c est aussi le plus important....mais quelle déception et quelle gifle j ai recu cette année la...mais on s en remet et on en sort grandit, car pas eut besoin de faire le tri, ca s est fait tout seul...

bonne chance vero avec ton tit gabi, il est magnifique, le plus important c est TA propre famille crois moi

bisous ma belle

Écrit par : radinette | 11/01/2008

l'amitié... une phrase un peu bateau pour certains, dit "a real friend is the one who walks near you when the rest of the world walks behind" oui, ce sont eux qui nous montrent comment voler quand nos ailes ne savent plus... ils sont si important et si précieux que peu importe leur nombre, crois-moi! que cette année soit celle de tous les possibles! bonne année douce fée!

Écrit par : nanou | 12/01/2008

°°° Eh oui Babylou ! Je tire le même constat ... comme dit pommefraise, déjà avec un enfant, certains désertent : on est moins disponible car il faut penser à faire garder l'enfant avant de dire oui à une sortie imprévue, on est moins invité car on vient inévitablement avec l'enfant (qui dérange, crie, joue, touche à tout , casse parfois ...). Avec deux, le vide se fait encore plus énorme. Ben oui, on parle avec la bouche, mais les yeux surveillent attentivement le grand et le petit ... On semble sans doute ailleurs, dans un monde qui leur parait peut-être inaccessible, alors qu'on est là, toujours les mêmes dans l'fond ...

Alors, si on a le malheur de mettre sur table les problèmes quotidiens rencontrés, peurs, angoisses, appréhensions par rapport à l'avenir, là, c'est des vagues encouragement "ben oui ... que veux-tu", et on sait déjà qu'on dérange ...

Ai-je fait le vide, ou le vide s'est-il créé autour de moi ? Possible.

La seule certitude : je ne vivrai pas cette vie sans mes enfants.

Garde le "vrai", oublie ce qui a pu être superficiel ...

Je t'embrasse (Gaby est magnifique sur l'autre blog !)

Écrit par : Chloé | 14/01/2008

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